Ce guide a été écrit dans le but de mieux informer les Québécois sur le Compte d’Épargne Libre d’Impôt. Il contient l’ensemble des informations pertinentes au sujet du CELI et sera mis à jour de façon régulière. Pourquoi ne pas l’indexer dans vos favoris ?
Qu’est-ce que le CELI ?
Le CELI se nomme le Compte d’Épargne Libre d’Impôt. C’est un compte d’investissement créé en 2009 par le gouvernement fédéral canadien pour permettre aux Canadiens d’investir leur argent dans un compte entièrement défiscalisé. Le CELI est un compte de placement qui vous permet d’accumuler de l’argent et de faire des retraits sans jamais payer d’impôt, peu importe le montant retiré ou le moment choisi.
Il est important de comprendre que le CELI n’est pas simplement un compte épargne à taux d’intérêt. C’est une enveloppe fiscale dans laquelle vous pouvez loger une grande variété de placements. Ce n’est pas le compte lui-même qui génère du rendement, mais les placements que vous choisissez d’y mettre.
Les avantages du CELI
- Vos dépôts et vos profits sont 100 % non imposables pendant toute la période d’accumulation.
- Vos retraits sont 100 % non imposables, peu importe le montant ou le moment, et sans aucune contrainte d’utilisation.
- Les droits de cotisation inutilisés s’accumulent automatiquement depuis vos 18 ans, même si vous n’avez jamais ouvert de compte.
- Les droits de cotisation sont récupérés au 1er janvier de l’année suivant un retrait, ce qui vous donne une grande flexibilité.
- Il n’y a aucun âge limite pour cotiser au CELI, contrairement au REER qui doit être fermé à 71 ans.
Les retraits du CELI n’ont aucune incidence sur vos prestations gouvernementales comme la Pension de Sécurité de la Vieillesse ou le Supplément de revenu garanti, ce qui en fait un outil puissant à la retraite.
Les désavantages du CELI
- Les cotisations dans le CELI ne sont pas déductibles d’impôt. Vous cotisez avec de l’argent déjà imposé, contrairement au REER.
- Si vous accumulez de l’argent principalement pour planifier votre retraite et que vous êtes dans une tranche d’imposition élevée aujourd’hui, le REER pourrait être plus avantageux pour vous sur le plan fiscal.
- Les droits de cotisation ne commencent à s’accumuler qu’à partir de l’année de vos 18 ans, et non de façon rétroactive.
Une mauvaise compréhension des règles de retrait et de recontribution est souvent à l’origine de cotisations excédentaires et des pénalités qui en découlent.
Comment fonctionne un CELI ?
Chaque année, vous bénéficiez d’un montant que vous pouvez cotiser à votre CELI. Lorsque vous effectuez une cotisation, elle ne vous procure aucune déduction fiscale immédiate, contrairement au REER. Par contre, tout ce qui se passe à l’intérieur du compte, que ce soit la croissance de vos placements, les intérêts, les dividendes ou les gains en capital, est entièrement non imposable pendant votre période d’accumulation et l’est encore au moment où vous retirerez les sommes.
Depuis que vous avez 18 ans, vous accumulez des droits de cotisation CELI, même si vous n’avez jamais ouvert de compte. Si vous ne les avez pas tous utilisés, ils se sont accumulés et vous pouvez vous en servir à n’importe quel moment. Pour connaître vos droits de cotisation disponibles avec précision, rendez-vous sur votre accès Mon dossier de l’Agence du revenu du Canada.
En carrière
le CELI peut vous servir à bâtir un fonds pour des projets à court, moyen ou long terme. Lorsque viendra le moment de retirer l’argent, vous ne serez pas imposé, et ce, même si vous retirez par exemple 300 000 $. C’est l’un des avantages les plus significatifs du CELI par rapport à la plupart des autres comptes de placement.
À la retraite
le CELI devient un outil de décaissement stratégique. Si vous avez un REER, un FERR, un régime de retraite d’employeur ou encore un compte non enregistré, le CELI peut être utilisé en complément afin de réduire votre charge fiscale globale. En retirant du CELI plutôt que du REER lors de certaines années, vous pouvez éviter de faire grimper votre revenu net, ce qui protège vos prestations gouvernementales et réduit votre facture d’impôt annuelle.
Il est important de ne pas confondre le CELI avec le CELIAPP, qui a été créé le 1er avril 2023 afin d’être utilisé exclusivement pour l’achat d’une première habitation admissible. Bien que leurs noms se ressemblent, leurs règles et leurs objectifs sont très différents.
Quels placements utiliser avec un CELI ?
Le CELI est une enveloppe fiscale dans laquelle vous pouvez investir votre argent dans différents types de placements afin de faire fructifier vos avoirs avec le temps. Les options disponibles dépendent du type de fournisseur que vous choisissez, mais les plus courants incluent :
- Fonds distincts
- Placements à taux d’intérêt quotidien
- Fonds communs de placement (fonds mutuels)
- Fonds négociés en bourse (FNB)
- Valeurs mobilières (actions cotées en bourse)
- Certificats de placement garanti (CPG)
- Obligations gouvernementales ou corporatives
Selon le type de placement et le fournisseur que vous choisissez, vous pouvez effectuer des cotisations uniques ou périodiques, ainsi que des retraits selon vos besoins.
Un point souvent sous-estimé : beaucoup de Canadiens laissent leur CELI dans un simple compte d’épargne à intérêt quotidien, ce qui en gaspille le potentiel. Le CELI est conçu pour être investi, pas pour dormir. Un planificateur financier peut vous aider à choisir les placements les plus adaptés à votre profil de risque et à vos objectifs à l’intérieur de votre CELI.
Date limite de cotisation CELI
Il n’y a pas de date limite pour cotiser à un CELI au cours de l’année. Vous pouvez y déposer des sommes en tout temps tant que vous respectez votre plafond de cotisation disponible. C’est un avantage important par rapport au REER, qui lui impose une date limite aux 60 premiers jours de l’année suivante pour que la cotisation soit applicable à l’année précédente.
Par contre, il faut être prudent avec les retraits en cours d’année. Si vous avez retiré de l’argent de votre CELI, les droits de cotisation récupérés ne seront rétablis que le 1er janvier de l’année suivante. Si vous remettez cette somme dans le même compte avant ce délai, vous risquez de créer une cotisation excédentaire.
Exemple : vous avez cotisé 6 000 $ dans votre CELI durant l’année et vous avez ensuite retiré cet argent quelques mois plus tard. Vous avez dans ce cas utilisé 6 000 $ de vos cotisations, et celles-ci ne seront à nouveau disponibles que le 1er janvier de l’année suivante. Si vous recontribuez ce montant avant cette date sans avoir de droits inutilisés suffisants, vous serez en cotisation excédentaire et sujet à une pénalité.
Âge maximum CELI
Vous pouvez cotiser à votre CELI toute votre vie. Il n’y a aucun âge limite pour ouvrir ou cotiser à un CELI. C’est une différence fondamentale avec le REER, dont la date de fermeture est fixée au 31 décembre de l’année de vos 71 ans. Le CELI peut donc continuer à croître à l’abri de l’impôt bien au-delà de la retraite, et les retraits peuvent être effectués à tout moment sans conséquence fiscale.
Qui offre un compte CELI ?
La plupart des institutions bancaires, des assureurs et même certains régimes collectifs offrent le compte CELI. Voici les principaux types de fournisseurs et ce qu’ils offrent :
- Les banques et caisses populaires : offrent généralement des CELI en compte épargne ou en CPG, ainsi que des comptes de placement autogérés (courtage direct) pour ceux qui souhaitent gérer leurs propres placements.
- Les compagnies d’assurance : offrent des CELI en fonds distincts, qui comportent des garanties sur le capital et sur le décès que les fonds communs ordinaires n’offrent pas.
- Les conseillers en épargne collective : offrent des fonds communs de placement dans un cadre enregistré CELI.
- Les plateformes de courtage direct : permettent d’acheter des actions, des FNB et d’autres valeurs mobilières à l’intérieur d’un CELI de façon autonome.
Selon le type de conseiller ou d’institution que vous choisissez, les placements disponibles à l’intérieur de votre CELI varieront. Un planificateur financier indépendant peut vous accompagner pour choisir la solution la mieux adaptée à votre situation globale, sans être limité aux produits d’une seule institution.
Pourquoi mettre de l’argent dans un CELI ?
Pour beaucoup de Québécois, utiliser le CELI peut être plus avantageux que le REER, notamment en début de carrière ou à la retraite. Le CELI offre une flexibilité unique : vous pouvez y mettre de l’argent et le retirer sans conséquence fiscale ni obligation de remboursement, contrairement au RAP dans le cadre du REER. Voici les principales raisons d’y cotiser :
- Épargner pour un fonds d’urgence, des projets à court terme ou des objectifs à long terme comme la retraite.
- Faire croître votre argent à l’abri de l’impôt, sans que les gains soient imposés à la sortie.
- Garder votre pouvoir d’achat et votre flexibilité financière, puisque vous pouvez retirer en tout temps sans pénalité.
- Réduire votre charge fiscale à la retraite en combinant les retraits du CELI avec ceux de votre REER ou FERR pour gérer stratégiquement votre revenu annuel.
- Protéger vos prestations gouvernementales à la retraite, puisque les retraits du CELI ne s’ajoutent pas à votre revenu net.
Le CELI est également un compte particulièrement bien adapté pour les personnes en début de carrière dont les revenus sont encore modestes. Puisque la déduction REER vaut plus lorsque le taux marginal d’imposition est élevé, il peut être judicieux de cotiser d’abord au CELI et de réserver le REER pour les années où les revenus seront plus importants.
Combien pouvez-vous mettre dans un CELI ?
Le CELI est un compte très avantageux, mais il comporte ses limites. Le maximum de cotisation en 2026 est de 7 000 $. Si vous avez des droits inutilisés des années passées, ils s’ajoutent à ce montant. Si vous n’avez jamais cotisé à un CELI depuis 2009 et que vous étiez admissible à ce moment, la limite maximale cumulative en 2026 est de 109 000 $.
| Année | Plafond annuel | Cumul maximum |
|---|---|---|
| 2009 | 5 000 $ | 5 000 $ |
| 2010 | 5 000 $ | 10 000 $ |
| 2011 | 5 000 $ | 15 000 $ |
| 2012 | 5 000 $ | 20 000 $ |
| 2013 | 5 500 $ | 25 500 $ |
| 2014 | 5 500 $ | 31 000 $ |
| 2015 | 10 000 $ | 41 000 $ |
| 2016 | 5 500 $ | 46 500 $ |
| 2017 | 5 500 $ | 52 000 $ |
| 2018 | 5 500 $ | 57 500 $ |
| 2019 | 6 000 $ | 63 500 $ |
| 2020 | 6 000 $ | 69 500 $ |
| 2021 | 6 000 $ | 75 500 $ |
| 2022 | 6 000 $ | 81 500 $ |
| 2023 | 6 500 $ | 88 000 $ |
| 2024 | 7 000 $ | 95 000 $ |
| 2025 | 7 000 $ | 102 000 $ |
| 2026 | 7 000 $ | 109 000 $ |
Le plafond annuel est indexé à l’inflation et arrondi au multiple de 500 $ le plus près. Il peut donc augmenter d’une année à l’autre selon l’évolution de l’indice des prix à la consommation.
Effet d’un retrait CELI sur les cotisations
Vous avez fait un retrait dans votre CELI et vous voulez remettre l’argent dedans, mais vous aviez déjà utilisé vos cotisations maximales ? Vous devrez alors attendre après le 1er janvier de l’année suivante. Les droits récupérés grâce à vos retraits s’ajouteront à vos nouveaux droits de l’année. Vous ne les perdez pas, vous les reportez simplement à l’année suivante.
C’est l’une des règles les plus mal comprises du CELI et la principale cause de cotisations excédentaires involontaires. Beaucoup de gens croient pouvoir retirer et recontribuer librement dans la même année, ce qui n’est vrai que si vous disposez encore de droits de cotisation inutilisés pour cette année-là.
Dépassement des cotisations CELI
Le gouvernement du Canada vous imposera 1 % de l’excès des cotisations CELI à chaque mois si vous dépassez votre droit de cotisation maximum. Contrairement au REER qui tolère un excédent de 2 000 $ sans pénalité, le CELI n’accorde aucune marge de manœuvre. Chaque dollar en trop est soumis à la pénalité dès le premier mois.
Pour éviter cette situation, il est essentiel de suivre vos droits de cotisation disponibles via Mon dossier de l’ARC avant d’effectuer tout dépôt, surtout si vous avez fait des retraits plus tôt dans l’année. Notez que les informations sur Mon dossier ne sont pas toujours mises à jour en temps réel : il est donc recommandé de tenir vos propres registres.
Cotisation au CELI du conjoint
Contrairement au REER, il n’est pas possible de cotiser directement au CELI de votre conjoint. Chaque titulaire cotise uniquement dans son propre compte. Vous pouvez cependant lui remettre des sommes d’argent pour qu’il cotise dans le sien, et cela sans être assujetti aux règles d’attribution du revenu, ce qui représente un avantage intéressant pour le fractionnement du patrimoine familial.
Le CELI et la non-résidence
Si vous quittez le Canada et devenez non-résident, vous pouvez conserver votre CELI, mais vous ne pouvez plus y cotiser sans payer une pénalité de 1 % par mois sur les nouvelles cotisations effectuées pendant votre période de non-résidence. Les droits de cotisation ne s’accumulent pas non plus pour les années où vous n’êtes pas résident canadien.
Décès du titulaire d’un CELI
Le CELI est réputé pour être un véhicule de placement non imposable à 100 %. Bien que ce soit généralement vrai, il existe des nuances importantes au moment du décès. Voici les facteurs qui peuvent influencer le traitement fiscal à ce moment :
- le type de désignation faite par le titulaire (titulaire successeur ou bénéficiaire)
- le type de bénéficiaire désigné (conjoint ou autre personne)
- si un revenu a été gagné à l’intérieur du CELI après la date du décès
- le délai, après la date du décès, avant que les montants soient distribués aux bénéficiaires
| Scénario | Traitement fiscal |
|---|---|
| L’époux ou conjoint de fait est désigné titulaire successeur du CELI | Il devient le nouveau titulaire et l’exonération d’impôt est entièrement maintenue, sans impact sur ses propres droits de cotisation. |
| L’époux ou conjoint de fait est désigné bénéficiaire du CELI | La valeur du CELI au décès peut être transférée au CELI du conjoint survivant sans impôt, si le transfert est complété avant le 31 décembre de l’année suivant le décès. Tout revenu généré après la date du décès est imposable pour le conjoint survivant. |
| Une autre personne est désignée bénéficiaire | Le CELI est désenregistré et encaissé. Aucun impôt n’est payable sur la valeur au moment du décès, mais tout revenu généré après le décès est imposable pour le bénéficiaire ou la succession. |
La désignation la plus avantageuse pour un conjoint est celle de titulaire successeur plutôt que simple bénéficiaire, car elle préserve l’avantage fiscal dans son intégralité et évite toute période d’imposition entre le décès et le transfert. Il est fortement recommandé de vérifier cette désignation avec un planificateur financier dans le cadre d’une planification successorale globale, surtout si votre situation familiale a changé au fil des années.
Quelle est la meilleure stratégie CELI ?
La meilleure utilisation du CELI dépend de votre situation globale : votre revenu actuel, vos objectifs, votre tranche d’imposition, vos autres comptes de placement et votre horizon financier. Voici toutefois quelques orientations générales qui s’appliquent à la majorité des situations.
En début de carrière
si votre revenu est encore modeste, le CELI est souvent plus avantageux que le REER, car la déduction fiscale du REER vaut peu à un taux d’imposition faible. Mieux vaut accumuler dans le CELI maintenant et maximiser le REER lorsque vos revenus seront plus élevés.
En milieu de carrière
une stratégie combinant REER et CELI est généralement optimale. Le REER réduit votre facture fiscale aujourd’hui, et le CELI vous procure une réserve flexible non imposable pour les imprévus ou pour compléter votre revenu de retraite.
À la retraite
Le CELI devient un outil de décaissement stratégique. En gérant intelligemment la source de vos retraits entre le FERR, le CELI et les autres comptes, vous pouvez réduire votre impôt annuel, protéger vos prestations gouvernementales et laisser davantage à vos héritiers.
Dans tous les cas, il est fortement recommandé de consulter un planificateur financier indépendant afin d’élaborer une stratégie personnalisée qui tient compte de l’ensemble de votre situation financière. Chez Finaplan, nous accompagnons les Québécois à toutes les étapes de leur parcours financier pour tirer le maximum de leurs comptes enregistrés, qu’il s’agisse du CELI, du REER, du CELIAPP ou de leur combinaison.

