Chaque année, des milliers de Canadiens se posent la même question : où mettre mon argent, dans un REER ou un CELI ? C’est une excellente question, et la réponse n’est pas la même pour tout le monde. Voici tout ce qu’il faut savoir pour prendre une décision éclairée selon votre situation.
Le REER et le CELI : des contenants, pas des placements
Avant de comparer les deux, il faut clarifier un point qui sème beaucoup de confusion. Le REER et le CELI ne sont pas des placements en soi. Ce sont des enveloppes fiscales, c’est-à-dire des comptes enregistrés dans lesquels vous pouvez déposer différents types de placements comme des fonds communs, des FNB, des actions ou des CPG.
Ce n’est donc pas le REER ou le CELI qui génère du rendement, c’est le placement que vous choisissez de mettre à l’intérieur. La vraie question n’est pas lequel rapporte le plus, mais lequel vous procure le meilleur avantage fiscal selon votre situation.
Les trois différences fondamentales
Les deux comptes fonctionnent différemment sur trois points précis : la cotisation, la croissance et le retrait.
La cotisation :
Dans un REER, chaque dollar cotisé réduit votre revenu imposable de l’année. Si vous gagnez 80 000 $ et cotisez 10 000 $ au REER, vous serez imposé comme si vous aviez gagné 70 000 $. Dans un CELI, il n’y a aucune déduction. Vous cotisez avec de l’argent déjà imposé.
La croissance :
Dans les deux cas, les rendements générés à l’intérieur du compte ne sont pas imposables pendant la période d’accumulation. Les intérêts, dividendes et gains en capital perdent leur nature fiscale une fois à l’intérieur d’un compte enregistré.
Le retrait :
C’est ici que tout se joue. Un retrait du CELI n’est jamais imposable, peu importe le montant ou le moment. Un retrait du REER, lui, est entièrement ajouté à votre revenu imposable de l’année du retrait. Si vous retirez 50 000 $ de votre REER une année, ce montant s’additionne à tous vos autres revenus et sera imposé en conséquence.
Tableau comparatif REER vs CELI en 2026
| CELI | REER | |
|---|---|---|
| Cotisation déductible d’impôt | Non | Oui |
| Plafond annuel 2026 | 7 000 $ | 18 % du revenu ou 33 810 $ |
| Plafond cumulatif 2026 | 109 000 $ | Selon droits accumulés |
| Croissance imposable | Non | Non |
| Retrait imposable | Non | Oui |
| Droits récupérés après retrait | Oui, dès le 1er janvier suivant | Non |
| Impact sur les prestations gouvernementales (PSV, SRG) | Aucun | Oui, peut les réduire |
| Âge limite | Aucun | 71 ans |
Quand le REER est plus avantageux
Le REER brille particulièrement dans une situation précise : lorsque votre taux d’imposition au moment de la cotisation est plus élevé que celui au moment du retrait. En termes simples, si vous gagnez bien votre vie aujourd’hui et que vous prévoyez avoir des revenus plus modestes à la retraite, cotiser au REER vous permet d’éviter l’impôt maintenant et de le payer plus tard à un taux moins élevé.
C’est également le compte à privilégier si vous souhaitez profiter du Régime d’accession à la propriété (RAP), qui permet de retirer jusqu’à 60 000 $ de votre REER pour l’achat d’une première propriété, ou du Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP) pour financer un retour aux études.
Le REER convient en général aux personnes qui sont dans les tranches d’imposition supérieures et qui souhaitent réduire leur facture fiscale dès maintenant.
Il permet aussi d’augmenter les avantages socios-fiscaux que vous bénéficiez déjà ou peut vous permettre de vous rendre éligible. Afin d’en prendre plein avantage, une bonne gestion des montants de cotisations annuels ainsi que des reports de cotisations pourrait vous faire économsier plusieurs milliers de dollars. Généralement, la stratégie de cotiser le maximum que vous pouvez chaque année n’est pas la plus optimale.
Quand le CELI est plus avantageux
Le CELI est souvent le meilleur choix pour les personnes en début de carrière dont les revenus sont encore modestes. Puisque la déduction du REER vaut davantage quand le revenu est élevé, il peut être préférable d’attendre et de cotiser d’abord au CELI pendant les années de faibles revenus.
Le CELI est également supérieur pour les personnes qui souhaitent garder de la flexibilité. Contrairement au REER, un retrait du CELI ne crée aucune conséquence fiscale et les droits de cotisation sont récupérés dès l’année suivante. C’est le compte idéal pour un fonds d’urgence, des projets à court ou moyen terme, ou comme outil complémentaire à la retraite pour éviter d’augmenter son revenu imposable.
À la retraite, retirer stratégiquement du CELI plutôt que du REER ou du FERR peut éviter de déclencher une récupération de la Pension de Sécurité de la Vieillesse ou de réduire le Supplément de revenu garanti, ce que plusieurs retraités ne réalisent pas.
Et le CELIAPP dans tout ça ?
Depuis 2023, un troisième compte est venu enrichir les options disponibles : le CELIAPP. Conçu spécifiquement pour les acheteurs d’une première propriété, il combine les avantages des deux : les cotisations sont déductibles comme le REER, et les retraits pour l’achat d’une maison sont non imposables comme le CELI.
Les droits de cotisation sont de 8 000 $ par année jusqu’à un maximum de 40 000 $ à vie. Si vous êtes admissible et que vous prévoyez acheter dans les prochaines années, le CELIAPP devrait être la priorité avant même le REER et le CELI. De plus, le CELIAPP et le RAP peuvent être combinés pour le même achat, ce qui représente un potentiel de 100 000 $ par personne pour constituer une mise de fonds.
Si finalement vous ne vous portez pas acquéreur d’une propriété, les sommes du CELIAPP peuvent être transférées dans un REER sans toucher à vos droits de cotisation existants, ce qui en fait un outil pratiquement sans risque à ouvrir dès que vous êtes admissible.
La meilleure stratégie : utiliser les deux
En pratique, la réponse n’est pas REER ou CELI, mais REER et CELI. Les deux comptes se complètent naturellement. Cotiser au REER pendant les années de hauts revenus réduit votre impôt immédiatement, tandis qu’accumuler dans le CELI en parallèle vous donne une réserve non imposable que vous pourrez décaisser stratégiquement à la retraite pour limiter votre charge fiscale globale.
La combinaison idéale dépend de votre revenu actuel, de ce que vous anticipez à la retraite, de vos projets à court terme et de votre situation familiale. C’est pourquoi consulter un planificateur financier indépendant peut faire une réelle différence : il est en mesure d’analyser votre situation de façon globale et de vous proposer une stratégie personnalisée, sans être limité aux produits d’une seule institution.
Chez Finaplan, nous accompagnons les Québécois à toutes les étapes de leur parcours financier, que ce soit pour optimiser l’utilisation de leurs comptes enregistrés, planifier leur retraite ou préparer l’achat d’une première propriété. Si vous souhaitez savoir lequel du REER ou du CELI est le plus avantageux pour vous cette année, c’est le genre de question à laquelle Finaplan peut vous aider à répondre concrètement.
Les erreurs fréquentes à éviter
Beaucoup de gens cotisent au REER par réflexe, sans réaliser que leur taux d’imposition actuel est relativement bas et que la déduction en vaut peu. D’autres accumulent dans le CELI sans jamais investir les sommes, laissant leur argent dormir dans un compte d’épargne à faible rendement alors qu’ils pourraient le faire croître avec des placements diversifiés.
Une autre erreur courante est de retirer du CELI et de remettre le même montant dans la même année civile, ce qui peut créer une cotisation excédentaire et entraîner une pénalité de 1 % par mois sur l’excédent.
Enfin, plusieurs personnes ignorent que les droits de cotisation au CELI s’accumulent depuis l’âge de 18 ans, même si aucun compte n’a jamais été ouvert. Si vous n’avez jamais cotisé à un CELI depuis 2009 et que vous étiez adulte à ce moment, vous disposez aujourd’hui d’un espace de cotisation total de 109 000 $.
En résumé
Il n’existe pas de réponse universelle à la question REER ou CELI. Le meilleur compte est celui qui correspond à votre réalité fiscale, à vos objectifs et à votre horizon de placement. Dans la majorité des cas, tirer profit des deux de façon coordonnée reste la stratégie gagnante. Et si l’achat d’une propriété fait partie de vos projets, le CELIAPP s’impose comme priorité.
Si vous n’êtes pas certain de faire les bons choix avec vos épargnes, un planificateur financier indépendant peut vous aider à mieux planifier vos finances. Vous pouvez contacter Finaplan.

